Malgré une revalorisation de leur pension en 2024, de nombreux retraités risquent de voir leur revenu net diminuer en 2026. En cause : une augmentation des prélèvements sociaux, notamment de la CSG, qui pourrait grimper à un taux supérieur pour des milliers de foyers. Décryptons pourquoi et comment cela pourrait vous concerner, même si vos revenus n’ont pas changé drastiquement.
Pourquoi la hausse des pensions 2024 peut faire perdre de l’argent en 2026
La retraite de base et les pensions complémentaires ont été revalorisées de 5,3 % au 1er janvier 2024. Si cela semble être une bonne nouvelle, l’impact réel peut s’avérer décevant. En effet, cette hausse risque de faire franchir à certains retraités des seuils fiscaux qui déclenchent un taux de CSG plus élevé.
Et c’est là que le bât blesse : les seuils de revenu fiscal de référence n’augmenteront que de 1,8 % en 2026. Cela signifie que beaucoup de foyers vont passer dans une tranche supérieure de taxation, sans avoir réellement plus de pouvoir d’achat.
Quels seront les nouveaux seuils CSG en 2026 ?
Ces seuils sont calculés en fonction de votre revenu fiscal de référence 2024 (visible sur l’avis d’imposition 2025), ajusté au nombre de parts fiscales. En 2026, voici les montants à surveiller de près :
- Personne seule :
- Moins de 13 049 € : exonération totale
- De 13 049 € à 17 058 € : CSG à 3,8 %
- De 17 058 € à 26 470 € : CSG à 6,6 %
- Plus de 26 470 € : CSG à 8,3 %
- Couple (imposition commune) :
- Moins de 20 015 € : exonération
- De 20 015 € à 26 166 € : CSG à 3,8 %
- De 26 166 € à 40 604 € : CSG à 6,6 %
- Au-delà de 40 604 € : CSG à 8,3 %
Au-delà de la CSG seule, les prélèvements sociaux totaux peuvent grimper jusqu’à 9,1 % de votre pension (en incluant la CRDS et la CASA).
Un effet pervers : gagner plus pour toucher moins ?
Beaucoup de retraités découvrent un paradoxe décourageant : leur pension a été augmentée, mais cette hausse les amène à dépasser un seuil fiscal. Résultat, après les prélèvements, le gain disparaît voire devient une perte nette.
Geneviève, retraitée nantaise, résume ce sentiment : « Je ne comprends pas comment je peux finir avec moins, alors que la retraite a augmenté ! ».
Ce glissement inattendu provoque une vraie colère chez les seniors. Même une amélioration attendue peut devenir une mauvaise surprise une fois les prélèvements déduits.
Le lissage : une protection limitée
Pour éviter un choc brutal d’une année à l’autre, le système de lissage s’applique. Concrètement :
Le taux supérieur de CSG n’est appliqué que si vous dépassez un seuil deux années de suite. Cela peut éviter une hausse immédiate, mais ne protège pas longtemps contre un changement durable de tranche fiscale.
Cette mesure offre donc un répit… mais ne fait que repousser l’éventuelle hausse sociale.
Les syndicats dénoncent un mécanisme injuste
La CFDT Retraités déplore une situation « profondément injuste » pour les foyers modestes. Selon eux, les seuils CSG sont trop rigides : ils ne tiennent pas compte des effets de l’inflation ou de l’indexation automatique des pensions.
Ils réclament une revalorisation des seuils à la hauteur des hausses de pensions, pour éviter que les retraités « moyens » ne soient piégés entre revalorisation et fiscalité décalée.
Comment anticiper les prélèvements CSG 2026 ?
Il est essentiel de ne pas attendre février 2026 pour découvrir le nouveau taux de CSG appliqué à sa pension. Voici les actions à mener dès maintenant :
- Consultez votre avis d’imposition 2025 pour connaître votre revenu fiscal de référence 2024.
- Comparez ce montant aux seuils officiels indiqués ci-dessus.
- Utilisez le simulateur en ligne de l’Assurance retraite pour prévoir votre futur taux de CSG.
- Surveillez votre relevé de pension de février (base) et de mars (complémentaire) 2026, au moment de l’application du nouveau barème.
Une vigilance accrue est recommandée, surtout si votre revenu fiscal est proche d’un seuil critique. Un changement minime peut suffire à basculer dans une tranche supérieure.
Conclusion : prévoyez dès maintenant pour éviter la mauvaise surprise
La hausse des pensions peut, de façon paradoxale, réduire votre revenu net si elle vous fait changer de tranche CSG. Et comme les seuils n’évoluent que faiblement, vous pourriez être plus taxé en 2026 sans avoir réellement gagné plus.
Gardez un œil attentif sur votre fiscalité, simulez dès que possible l’évolution de vos prélèvements, et n’hésitez pas à consulter un conseiller retraite. Mieux vaut prévenir que souffrir en silence à la réception du virement de février prochain.





